Consommer péyi

Cet article vise à questionner les enjeux de la consommation locale. 80% des produits consommés en Guadeloupe sont importés. 

Tout d’abord, consommer est un acte quotidien auquel nous ne faisons pas réellement attention, mais qui est de fait politique. En effet, l’acte d’acheter ou non un produit, une marchandise pour en faire usage ou non, ou y avoir recours, l’utiliser (cf. LAROUSSE) participe clairement à l’organisation de la cité. S’il résulte au départ d’un choix individuel, il peut avoir un impact non négligeable sur le long terme et en le rapportant à une échelle globale avec les autres actes de consommation.  Choisir son type d’alimentation, ses lieux, ses fréquences de consommation doit donc être perçu comme une manière d’accepter ou de refuser un système d’échanges entre les individus.  

La consommation locale vise donc à faire usage de produits qui ont été fabriqués dans son périmètre territorial, de manière raisonnée, durable, écologique… ce qui signifie souvent pour les produits alimentaires, des produits frais et de saison. 

Dans nos territoires insulaires caribéens, les choix antérieurs ont poussé à une consommation d’importation pour un certain nombre de raisons sur lesquelles il serait intéressant de consacrer un article. Néanmoins, cela ne signifie pas qu’il est impossible de consommer du local. Bien au contraire, la Guadeloupe dispose d’atouts considérables et certains acteurs se battent déjà pour une transition de notre économie. 

Consommer local est un moyen de soutenir l’économie locale et les emplois des agriculteurs, des producteurs, des entreprises du territoire. Par exemple, privilégier les paniers des agriculteurs de Guadeloupe plutôt que d’acheter les fruits et/ou légumes venus d’ailleurs dans des hypermarchés permet de leur garantir une source de revenus et donc de poursuivre leurs activités. Choisir le local, c’est participer également à la préservation de l’environnement en réduisant les transports, en s’adaptant aux saisonnalités et en diminuant la pression des ressources qui appartiennent à d’autres territoires. Cela permet également d’agir pour sa santé puisque les végétaux perdent leurs nutriments après 24H et peuvent subir des traitements durant leur transport ou leur stockage. Penser au local pousse à repenser son alimentation, sa qualité, sa quantité. Enfin, nous pouvons bénéficier d’un prix avantageux lié à la proximité du producteur, à la disponibilité immédiate et abondante des produits de saison. 

La période de confinement liée au Covid-19 a permis de valoriser les moyens de consommer local, notamment autour des paniers naturels et péyi. Foodîles a publié un article à ce sujet pour recenser les acteurs alimentaires guadeloupéens.

C’est un sujet passionnant : je vous mettrais au fur et à mesure les ressources qui pourraient permettre de nourrir la réflexion sur l’acte de consommation en lui-même. 

Garabuau-Moussaoui Isabelle « La consommation, entre pratiques, échanges et politiques »

Pelluchon Corine, Michalon Robin « Manger : un acte éthique et polique ».