Transmettre les connaissances entre les générations

La troisième conférence de la Semaine de la résilience et de l’autonomie en Guadeloupe portait sur la transmission de l’héritage en présence de Laurence Maquiaba, à l’origine du festival « Eritaj, Mémoires vivantes » depuis cinq ans du 25 au 27 mai et Renée Epaminondas, présidente de l’Archipel des Sciences.

Les échanges durant la soirée ont permis de faire le point sur l’état actuel de la transmission des savoirs et pratiques en Guadeloupe. De nombreux acteurs, comme les associations d’éducation populaire, œuvrent à reconnecter les générations entre elles afin de préserver le patrimoine culturel et naturel de la Guadeloupe. Les liens ont été interrompus voire cassés pour plusieurs raisons : l’école de Jules Ferry, où les enfants de la République devaient étudier avec le même livre d’apprentissage ; le Bumidom ; le désintérêt des parents de transmettre des connaissances jugées inutiles comme celles liées aux plantes médicinales. Certains événements, comme Mai 1967 dont les archives sont protégées encore aujourd’hui, ont été peu relatés et donc ne sont pas transmis au grand public.

L’histoire coloniale de la Guadeloupe a joué un rôle important dans la transmission des connaissances : la France avait tout intérêt à forcer le regard vers elle plutôt que sur les territoires d’outre-mer à qui elle doit son rayonnement et certainement son siège à l’ONU. Néanmoins, si l’école de la République a influencé sur l’état actuel des connaissances, il n’est pas le seul espace d’apprentissage. Les parents, les professeurs ont la liberté pédagogique pour expérimenter et compléter les savoirs des enfants. Il faut coconstruire en incluant les connaissances locales.

1492 : Christophe Colomb a fait découvrir l’Amérique à l’Europe

Il existe de nombreux lieux formels et informels de transmission et de vulgarisation à investir : les associations, les groupes de carnaval, les marchés, les lieux de culte, les veillés qui font société. Les rencontres permettent de se remettre en question, d’échanger des points de vue et de proposer des réponses collectives.

Aujourd’hui, il est indispensable de déconstruire les croyances (les vrais médicaments se trouvent en pharmacie) ; relater ce qui a constitué le territoire (par exemple les raisons du métissage africain, européen et asiatique en Guadeloupe), avec une histoire différente de la Martinique. En Guadeloupe, la majorité des terres dépendent des Conseils départemental et régional.

Il s’agit également de renouer les liens de solidarité et de lutter contre un paysage mental négatif qui pénalise le territoire : si les Guadeloupéens ne croient pas en son avenir, à quoi cela sert de se battre pour le pays ?

Alors qu’au contraire, il y a une multitude d’opportunités à saisir pour se développer localement. Marie-Galante possède plus de biodiversité que la France. La Basse-Terre plus que l’Europe entière. Les défis actuels, comme ceux liés aux nouvelles technologies ou encore à l’environnement donnent de bonnes perspectives d’emploi, en particulier dans le domaine de la pharmacie, la cosmétique, le droit afin de défendre le patrimoine naturel et culturel, les entrepreneurs locaux, les innovations de Guadeloupe.

L’objectif principal des associations comme 100%Zeb est de montrer les alternatives existantes en laissant libre chacun de prendre le train de la transition, quand il le souhaite. C’est extrêmement encourageant car elles démontrent la conscientisation progressive des Guadeloupéens face aux problématiques de bien-être et de santé et pour un environnement durable, sain et sûr.